La main d’œuvre du secteur privé au Liban réduite d’un tiers alors que la guerre en Israël aggrave la crise, selon l’OIT

La main-d’œuvre du secteur privé libanais a été réduite d’un tiers alors que les attaques israéliennes dans le sud exacerbent des conditions déjà difficiles résultant d’années d’instabilité économique, selon une étude de l’Organisation internationale du travail.

Les pertes d’emplois ont été particulièrement graves dans les gouvernorats qui sont la cible de l’agression israélienne, le taux de chômage le plus élevé étant de 76,5 pour cent à Nabatieh et de 43,2 pour cent au Sud-Liban, a indiqué l’agence des Nations Unies dans le rapport publié mardi.

Sur les 33 pour cent qui ont perdu leur emploi à travers le Liban, environ 28 pour cent sont désormais au chômage tandis que près de 5 pour cent ont complètement quitté le marché du travail, indique le rapport. L’étude n’indique pas combien d’entre eux recherchent un emploi.

Le Liban comptait près de 5,85 millions d’habitants fin 2025, selon les données de Worldomètres montre. L’enquête a été menée avant qu’Israël et le Hezbollah ne reprennent leurs combats début mars, quelques jours après le début de l’opération militaire des États-Unis et d’Israël en Iran.

Il couvrait 2 485 travailleurs du secteur privé qui étaient employés avant la reprise du conflit en mars.

« La crise actuelle au Liban a eu des conséquences dévastatrices… érodant la cohésion sociale et perturbant gravement l’emploi, la stabilité des revenus et la qualité de l’emploi, avec des effets considérables sur les moyens de subsistance des travailleurs et le fonctionnement du marché du travail », ont déclaré les analystes de l’OIT, basée à Genève.

La principale raison de ces pertes est le déplacement, qui est resté instable au milieu du conflit : presque tous les répondants de Nabatieh – 97,6 pour cent – ​​ont déclaré avoir été déplacés, contre 57,6 pour cent au Sud-Liban et 33,6 pour cent au Mont-Liban.

Le plus vulnérable

Les pertes d’emplois ont été inégalement réparties entre les secteurs économiques, mais les plus durement touchés ont été l’immobilier, les arts et le divertissement, avec un taux de chômage de 60 pour cent, et le travail domestique, à 51,7 pour cent. Le chiffre pour le soutien administratif et autres services, ainsi que pour les services d’hébergement et de restauration, est bien supérieur à 40 pour cent.

Les travailleurs des technologies de l’information, des services financiers, des services professionnels ainsi que de la fourniture d’électricité et d’eau ont été moins touchés, ajoute-t-il.