Pendant longtemps, Julien pensait qu’avoir une voiture était indispensable. Même en vivant à Lyon, il gardait son véhicule “au cas où” : pour les courses, les week-ends, les rendez-vous éloignés ou les visites familiales. Mais entre l’assurance, l’essence, le stationnement, l’entretien et les réparations imprévues, la voiture finissait par peser lourd dans son budget.
À 34 ans, ce Lyonnais installé dans le 7e arrondissement a décidé de faire le calcul. Le résultat l’a surpris : son véhicule lui coûtait près de 4 000 euros par an, alors qu’il restait garé la plupart du temps.
« Je croyais que ma voiture me rendait libre. En réalité, je payais très cher pour l’utiliser quelques fois par mois », raconte-t-il.
Une décision prise après une panne coûteuse
Le déclic est venu après une réparation à plus de 900 euros. À cela s’ajoutaient l’assurance, le contrôle technique, les pneus, le carburant, les parkings et les frais de stationnement résidentiel. Julien a alors tenté une expérience : vivre trois mois sans utiliser sa voiture.
Il a commencé à faire ses trajets quotidiens en métro, à vélo ou à pied. Pour les courses lourdes, il s’est tourné vers la livraison ou les commerces de proximité. Pour les week-ends hors de Lyon, il a utilisé le train ou la location ponctuelle.
Au bout de quelques semaines, il a réalisé que la voiture ne lui manquait presque pas.
Les économies réalisées chaque année
En vendant son véhicule, Julien a supprimé une grande partie de ses dépenses fixes. Selon ses propres calculs, il économise désormais environ 3 800 à 4 000 euros par an.
Les principaux postes supprimés sont :
- l’assurance auto ;
- le carburant ;
- l’entretien et les réparations ;
- le stationnement ;
- les contrôles techniques ;
- les péages occasionnels ;
- la décote du véhicule.
Même en payant quelques trajets en VTC, des billets de train et des locations ponctuelles, le bilan reste largement positif.
« Je dépense encore de l’argent pour me déplacer, évidemment. Mais je ne paie plus une voiture tous les mois pour qu’elle dorme dans la rue », explique-t-il.
Lyon se prête de plus en plus à ce mode de vie
Vivre sans voiture n’est pas aussi simple partout. Mais dans une grande ville comme Lyon, l’équation devient plus réaliste. Le réseau de métro, tramway, bus, vélos en libre-service et trains régionaux permet de couvrir une grande partie des besoins du quotidien.
Julien reconnaît que ce choix demande une autre organisation. Il faut anticiper davantage, accepter de marcher plus souvent et renoncer à l’idée de pouvoir partir n’importe où à la dernière minute.
Mais il estime que les avantages dépassent largement les contraintes : moins de stress, moins de frais, moins de temps perdu à chercher une place et une meilleure maîtrise de son budget.
Un changement aussi mental que financier
Le plus étonnant, selon lui, n’est pas l’économie réalisée, mais la sensation de légèreté. La voiture représentait une charge financière, mais aussi une source permanente de petites préoccupations : panne, stationnement, vandalisme, essence, assurance, contrôle technique.
Depuis qu’il s’en est séparé, Julien dit avoir modifié sa façon de vivre la ville. Il sort davantage dans son quartier, fait plus de trajets à pied et choisit ses déplacements avec plus de précision.
« Avant, je prenais la voiture par réflexe. Maintenant, je me demande simplement quel est le moyen le plus intelligent pour y aller. Très souvent, ce n’est pas la voiture. »
Une solution qui ne convient pas à tout le monde
Ce mode de vie reste plus simple pour une personne seule ou un couple sans enfant, installé dans un quartier bien desservi. Pour les familles nombreuses, les travailleurs en horaires décalés ou les habitants des zones mal connectées, la voiture reste parfois difficile à remplacer.
Mais l’expérience de Julien montre qu’en centre-ville, le coût réel d’une voiture est souvent sous-estimé. Beaucoup d’automobilistes pensent surtout au carburant, alors que les frais invisibles pèsent parfois beaucoup plus lourd.
En renonçant à sa voiture, ce trentenaire lyonnais n’a pas seulement réduit son budget. Il a changé sa manière de se déplacer. Et chaque année, les près de 4 000 euros économisés lui rappellent que la liberté peut aussi commencer par une clé de voiture que l’on rend définitivement.