La Syrie peut reconstruire son secteur électrique grâce aux leçons apprises de la Jordanie

La Syrie est en train de reconstruire son secteur électrique avec plus de 10 milliards de dollars déjà promis pour la production, le transport et l’exploration, dont une grande partie provient des pays du Golfe. Mais l’argent n’est pas son seul avantage.

La Syrie a quelque chose de potentiellement plus précieux : le recul.

Ses voisins ont déjà passé des décennies à tester différentes approches en matière de réforme de l’électricité. L’expérience jordanienne, en particulier, offre à la Syrie un aperçu pratique de ce qui a fonctionné, de ce qui n’a pas fonctionné et de ce qui s’est avéré plus coûteux que prévu.

Les choix que fait aujourd’hui la Syrie façonneront son système électrique pour des décennies. Les mettre en œuvre correctement dès le début pourrait permettre d’économiser d’énormes coûts par la suite.

Au cours des deux dernières décennies, la Jordanie est passée d’un secteur électrique majoritairement public à un système combinant un régulateur indépendant, des producteurs privés, une société de transport publique et des sociétés de distribution privées.

L’une des leçons les plus claires est que les responsabilités comptent. La politique, la réglementation, le transport et les opérations commerciales doivent être séparés.

La Commission jordanienne indépendante de réglementation de l’énergie et des minéraux délivre des licences aux opérateurs, fixe les tarifs et applique les normes techniques, tandis que la National Electric Power Company, une entreprise publique, exploite le système et le réseau de transmission. Cette combinaison – une réglementation indépendante et un contrôle public de l’infrastructure du réseau – a contribué à donner confiance aux investisseurs privés.

La Syrie devrait en prendre note.

Des capitaux privés, avec précaution

Mais l’expérience jordanienne montre également pourquoi la privatisation ne devrait jamais devenir un objectif en soi.

L’investissement privé a apporté du capital, de l’expertise et de l’efficacité à la production et à la distribution. Cela a également réduit la charge pesant sur l’État pour financer chaque projet. Pourtant, les contrats à long terme créent des obligations qui peuvent en fin de compte incomber aux consommateurs et aux services publics lorsque les prévisions de la demande, les prix des carburants ou les coûts technologiques changent.

Pour la Syrie, le message est simple : accueillir les capitaux privés, mais à de bonnes conditions.

Les projets doivent faire l’objet d’appels d’offres compétitifs et transparents. Les contrats doivent être suffisamment flexibles pour répondre à l’évolution de la technologie et des conditions du marché. Le gouvernement devrait conserver un contrôle strict sur la planification du système, même si les entreprises privées rivalisent pour développer des projets clairement définis.